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Le 11 et 12 décembre 2025 s’est déroulé le séminaire annuel des assistants sociaux du travail intervenant pour l’INSERM dans toute la France.
Lors de ce séminaire, Sandrine SANDIRASSE est intervenue plus particulièrement sur le secret professionnel, mis régulièrement au défi dans les relations RH / Service Social du Travail.

Pour en parler, nous avons eu le plaisir d’interviewer Djamila FEKIR, coordinatrice nationale du service social du personnel INSERM et Mélany ANTERIEU, assistante sociale du travail Service Social Conseil. Voici leur témoignage !

Pouvez-vous nous en dire plus sur le séminaire annuel du service social de l’INSERM ?

Mélany A. : Le séminaire a lieu une fois par an sur une journée et demie. Il est organisé, depuis 3 ans, par Djamila Fekir et Soumia METRAQA, assistante du DRH.

Ces temps sont précieux et très appréciés de tous les collègues du réseau. Nous réunir permet dans un premier temps une rencontre physique, ce qui facilite l’esprit de cohésion et d’entraide au sein du réseau des ASS, puis, cela permet aussi d’échanger sur nos pratiques et de les harmoniser.

Aussi, lors de ces journées privilégiées, nous avons toutes les informations nécessaires sur les changements et nouveautés concernant la sphère sociale à l’INSERM, ce qui nous permet de pouvoir accompagner les agents en ayant une parfaite connaissance de tout ce qui existe en interne.

Quelles sont les raisons qui ont motivé l’organisation d’une réflexion sur le secret professionnel au sein du service social du travail de l’INSERM ?

Djamila F. : Nous avons souhaité engager cette réflexion car il peut arriver que le service social du travail soit sollicité pour évoquer des informations sur des agents. Lorsque nous rappelons le cadre du secret professionnel, une forme d’incompréhension peut parfois émerger, notamment concernant la notion essentielle de consentement.

Cette démarche vise à renforcer la vigilance collective et à consolider nos pratiques. J’ai une entière confiance dans l’engagement de mes collaborateurs de l’INSERM, envers le respect du secret professionnel, mais il est essentiel de sécuriser nos repères et nos outils pour les accompagner au quotidien.

Quels sont les remontées et constats de terrain sur ce sujet ?

Djamila F. : Nous constatons que, pour travailler sereinement et efficacement avec l’ensemble des services (RH, pôle finance, médecine du travail , syndicats…), il est indispensable de clarifier l’équilibre entre coopération et confidentialité.

Cette démarche nous permet de continuer à collaborer en milieu professionnel tout en préservant strictement le respect du secret professionnel et en garantissant une intervention responsable, sécurisée et alignée avec les valeurs fondamentales de notre métier.

Mélany, cet atelier a-t-il pu donner des éclairages et outils solides quant à l’application du secret professionnel dans la pratique du service social du travail ? Et quels sont-ils ? 

Mélany : Cet atelier a permis un rappel nécessaire des grands principes du secret professionnel, de ses limites mais aussi de sa nécessité face à certaines situations.

Il a permis de rappeler que nous n’avions pas toujours tous le même niveau d’information concernant la situation d’un agent, qu’il est intéressant de pouvoir partager dans certains cas, les informations strictement nécessaires à l’avancée de la situation et toujours avec l’accord de l’agent.

L’idée n’est pas de se “cacher” derrière le secret professionnel même si parfois cela est vu comme tel par les services RH, il s’agit plutôt de préserver la confidentialité des échanges avec l’agent concerné, de lui garantir un espace de parole neutre, libre, sans jugement et surtout sans conséquences néfastes.

As-tu des bonnes pratiques professionnelles à transmettre ?

Mélany : Afin qu’une situation puisse avancer, il ne faut pas hésiter à exprimer à l’agent qu’il sera pertinent d’intégrer le service RH dans la boucle des échanges, tout en lui laissant toujours le choix de le faire ou non.

Je pense notamment à la coordination des reprises de travail après un arrêt maladie, quand on sait qu’il va y avoir des aménagements à prévoir parce que l’agent nous en informe, personnellement je l’incite à se tourner le plus rapidement possible vers le service RH ainsi que la médecine du travail afin que tout le monde puisse avoir le temps de s’organiser. En effet, l’absence mais aussi le retour d’un salarié a des conséquences sur un collectif de travail et c’est dans l’intérêt de tous d’anticiper ces situations. Souvent, les salariés le comprennent très bien.

Aussi, dans le cas des personnes qui verbalisent une forme de mal-être au travail, là encore je les encourage à en parler et à saisir la Cellule de Veille Sociale mise en place à l’INSERM. Si la Direction n’est pas informée de ces situations comment les résoudre finalement ?

Souvent, nous venons recréer du lien entre les services RH et les agents en désacralisant la posture “employeur-employé”. 

En revanche, quand certains RH peuvent parfois se montrer très curieux, je n’hésite pas à jouer de l’effet miroir en leur demandant s’ils aimeraient que leur Direction soient au courant de faits personnels les concernant s’ils venaient à me les confier…et puis surtout je renvoie la question de la pertinence d’avoir ces informations. 

Pour aller plus loin :

  • Notre article sur les idées reçues vis-à-vis du secret professionnel : à lire ici
  • Le site référence sur l’application du secret professionnel en travail social : secretpro.fr

Toutes nos modalités d’intervention par ici
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