
La sécurité et la santé au travail comme droit fondamental
Chaque 28 avril, la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail rappelle à tous les acteurs du monde professionnel l’impératif de protéger l’intégrité physique et mentale des travailleurs. Elle constitue également un moment de commémoration pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs décédés ou blessés dans le cadre de leur activité professionnelle.
Cette année, le focus est mis sur l’environnement psychosocial de travail. L’Organisation internationale du Travail définit un environnement de travail sain comme « la manière dont le travail est conçu, organisé et géré, ainsi que les facteurs tels que la charge de travail, la clarté des rôles, l’autonomie ou encore l’équité des processus ». Ces éléments influencent directement la sécurité, la santé et la performance des travailleurs.
Ce sujet est central : les risques psychosociaux ne sont pas seulement des enjeux individuels, mais bien des enjeux organisationnels, avec des impacts majeurs sur l’absentéisme, l’engagement et la performance globale de l’entreprise.
La question qui se pose n’est donc plus “faut-il agir ?” mais bien comment agir concrètement en tant qu’employeur ou RH ?
Pourquoi agir en priorité sur l’environnement psychosocial ?
Les données internationales montrent que certains facteurs organisationnels ont un impact direct sur la santé :
- Surcharge ou sous-charge de travail,
- Manque de clarté des rôles,
- Faible autonomie,
- Déséquilibre entre efforts et reconnaissance,
- Harcèlement ou violences internes.
Ces facteurs peuvent entraîner des troubles psychiques, mais aussi physiques (cardiovasculaires, troubles du sommeil, etc.).
Autrement dit : ce n’est pas la fragilité des individus qui pose problème, mais l’organisation du travail.
Les 5 actions prioritaires pour un environnement psychosocial sain
1. Identifier les risques psychosociaux à partir de la réalité de terrain
Une erreur fréquente en entreprise, c’est d’agir sans diagnostic. Nous vous recommandons d’ouvrir et d’entretenir le dialogue social. Cela peut vous permettre d’affiner le diagnostic interne :
- Analyser les données RH (absentéisme, turnover, AT),
- Interroger les salariés (questionnaires anonymes, entretiens individuels, groupes d’expression),
- S’appuyer sur le dialogue social en instance (CSE, CSSCT, F4SCT…),
- Croiser plusieurs sources (appui sur les textes officiels, guides ministériels…).
Les risques psychosociaux sont souvent peu visibles et nécessitent une approche structurée par une méthodologie.
2. Agir à la source : revoir l’organisation du travail
C’est LE point clé du message de la campagne d’information 2026 : la prévention efficace est organisationnelle, pas uniquement individuelle.
Quelques actions concrètes à mettre en place :
- Ajuster la charge de travail (ni surcharge, ni sous-charge)
- Clarifier les rôles et responsabilités
- Adapter les objectifs aux moyens réels
- Limiter les tâches inutiles ou incohérentes
- Sécuriser les périodes de forte activité (renfort, priorisation)
Pour un changement durable, il est nécessaire de garder une vision globale et collective de l’organisation au travail.
3. Renforcer le rôle du management de proximité
Le management peut être un levier majeur pour le dynamisme et la cohésion de l’équipe, mais peut être également un facteur de risque supplémentaire.
Que mettre en place ?
- Formation des managers aux risques psychosociaux
- Développement d’un management soutenant (écoute, retours aux équipes, transparence, collaboration)
- Clarification des attentes managériales
- Création d’espaces de discussion sur le travail entre pairs
Un manque de soutien ou un management inadapté est un facteur direct de dégradation de la santé au travail.
4. Structurer des politiques RH équitables et transparentes
L’injustice perçue est un puissant facteur de risques psychosociaux.
Vos priorités doivent se situer sur ces actions spécifiques :
- Garantir l’équité dans les décisions (promotion, rémunération)
- Rendre les consignes lisibles et compréhensibles (adapter les supports de communication internes)
- Encadrer les pratiques d’évaluation (critères explicités, co-construction)
- Prévenir les situations de harcèlement et violences (procédures, signalements internes, confidentialité)
La confiance organisationnelle repose sur la transparence et la justice perçue.
5. Mettre en place une démarche de prévention continue
La prévention, ce n’est ponctuel à l’occasion d’une semaine thématique ou d’un évènement RH. C’est un investissement sur du long terme. Les actions sont construites et planifiées sur toute l’année, avec l’appui de services internes et externes.
Cette prévention prend plusieurs formes :
- L’intégration des risques psychosociaux dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP)
- Un suivi régulier des indicateurs (des dispositifs d’accompagnement existent)
- L’évaluation des actions mises en place
- L’adaptation en continu (notamment en cas de transformation)
L’objectif : passer d’une logique corrective à une culture de prévention durable.
Un levier clé : associer les bons acteurs internes et externes
La prévention des risques psychosociaux nécessite une approche pluridisciplinaire
En premier lieu, l’implication de la direction est fondamental. Elle pose la vision et porte la démarche auprès des acteurs internes : RH, managers, référent handicap, QSE. Dans le cadre du DUERP, elle construit le Plan de Prévention Annuel (PAPRIPACT) en collaboration avec le CSE / CSSCT (ou le F4SCT dans la fonction publique).
Comme certaines entreprises que nous accompagnons, vous pouvez créer une instance de veille des situations sensibles ou à risque. Ces cellules pluridisciplinaires réunissent les acteurs internes et le service social du travail afin d’agir au plus tôt en interpelant les partenaires spécialisés :
- Services de santé au travail : le médecin du travail et son équipe pluridisciplinaire
- Acteurs externes spécialisés : service social, psychologues du travail, …
- Institutions ou associations spécialisées : CARSAT, Cap Emploi, prévoyances, …
Le service social du travail joue ici un rôle essentiel
Par son approche globale et personnalisée, le service social du travail contribue activement à la prévention des risques psychosociaux en entreprise. Son rôle est unique car il se situe à l’intersection de la vie privée des salariés et de leur vie professionnelle. Experts de la relation d’aide et soumis au secret professionnel, les assistants sociaux du travail peuvent intervenir comme tiers de confiance, sous différentes modalités :
- Accompagnement individuel des salariés en difficulté (écoute, médiation, accès aux droits et orientations),
- Appui aux managers et remontées des signaux faibles (lors de points dédiés RH ou au sein des cellules de veille),
- Lecture fine des situations individuelles et collectives (connaissance des enjeux d’entreprise)
- Contribution à la prévention primaire (actions de sensibilisation, réunions d’information).
Une offre sur-mesure pour couvrir les risques psychosociaux dans votre structure
En janvier 2026, Service Social Conseil a été intégré au groupe Qualisocial, ce qui nous permet à présent de proposer une approche globale et experte pour améliorer durablement la santé psychosociale de votre entreprise, combinant :
- Diagnostic organisationnel / RPS
- Accompagnements individuels personnalisés (psycho – social)
- Ligne d’écoute neutre et confidentielle
- Actions collectives et de prévention
- Conseil aux employeurs
- Enquête harcèlement
Pour une couverture complète des enjeux psychosociaux, du terrain jusqu’à la stratégie : contactez Service Social Conseil et Qualisocial.
Employeurs : agissez maintenant de manière structurée
L’environnement psychosocial de travail est aujourd’hui un déterminant majeur de la santé et de la performance. Les employeurs ont un rôle clé, non seulement pour prévenir les risques, mais aussi pour créer les conditions d’un travail soutenable et engageant.
En 2026, le cap est donné et les ressources existent : agissons ensemble pour des actions concrètes, mesurables et durables.
Pour aller plus loin :
- Le site de l’Organisation Internationale du travail pour vous informer
- Le site de l’ANACT pour vous outiller

