salarié aidant accompagné par le service social du travail

Dans vos équipes, il y a probablement plusieurs salariés aidants. Vous ne le savez pas et eux non plus, parfois.

Ils ont l’habitude d’assurer en silence, discrètement : gérer les rendez-vous médicaux entre deux réunions, répondre aux appels de l’auxiliaire de vie pendant leur pause déjeuner, ils arrivent fatigués le lundi sans vraiment expliquer pourquoi. Et un jour, ça craque.

1 salarié sur 5 concilie aujourd’hui travail et soin d’un proche. C’est un incontournable RH et pourtant, ce sujet est encore trop sous-estimé. 

Certaines entreprises proposent des dispositifs extra-légaux pour compenser l’absence de politique sociale plus globale au niveau gouvernemental mais cela ne suffit pas. Savoir repérer ces collaborateurs, comprendre le coût de leur situation sur votre organisation et agir concrètement pour les soutenir sont des étapes indispensables pour protéger votre collectif de travail.

Qui est le salarié aidant ? Une réalité plus large qu’on ne le croit

On pense souvent à l’aidant d’un proche âgé ou en situation de handicap, mais la définition du statut d’aidant est bien plus large.

Un aidant accompagne régulièrement et fréquemment une personne confrontée au handicap, à la maladie chronique ou à la perte d’autonomie. L’aidé peut être un enfant, un conjoint, un parent, mais aussi un ami ou un voisin.

Ce que font concrètement les aidants

Au quotidien, le rôle d’aidant recouvre des activités très diverses allant de l’aide dans les actes de la vie quotidienne (se lever, se laver, se déplacer), à la coordination des soins et des intervenants en passant par les tâches domestiques, le suivi médico-administratif sans oublier le soutien moral et parfois financier.

C’est un vrai travail d’assistant de vie mais sans la formation ni la disponibilité qui va avec.

Ce n’est pas un rôle toujours choisi. C’est une responsabilité qui s’installe progressivement, souvent sans qu’on réalise vraiment ce changement de statut.

salariés aidants : leurs tâches au quotidien

Des chiffres qui alertent

Selon la DREES et des études de l’IPSOS, il y a aujourd’hui en France entre 9,3 et 11 millions de personnes qui apportent aujourd’hui une aide régulière à un proche.

La probabilité que cela touche directement vos équipes n’est plus à démontrer car d’ici 2030, la DREES estime qu’1 personne active sur 4 sera aidante.

De plus, on observe déjà que près d’1 aidant actif sur 4 a entre 55 et 64 ans, soit le cœur de la population active senior qui présente également d’autres risques au travail (dernière partie de carrière, santé au travail, désinsertion professionnelle…).

Ce n’est donc plus un sujet de marge : c’est un enjeu structurel pour toute organisation.

Ce que ça vous coûte de ne rien faire 

Les salariés proches aidants font face à des défis spécifiques pour trouver un équilibre entre leurs activités professionnelles et leur rôle d’aidant. En effet, il ne laisse pas ce rôle à la porte de l’entreprise. 

Sauf que cette “double vie” use, lentement, et si rien n’est fait pour l’identifier et le soutenir, la situation se dégrade.

Une santé qui s’érode en silence

Les aidants salariés conjuguent vie professionnelle et personnelle avec en moyenne 17h/semaine consacrées au rôle d’aidant. Les conséquences sur la santé sont de plus en plus relevées et analysées. La DREES le confirme : les proches aidants déclarent moins souvent être en bonne ou très bonne santé que le reste de la population. 

Concrètement, dans vos équipes, cela se traduit par :

  • Une fatigue chronique qui s’accumule ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Un stress permanent lié à la double charge (voire triple si gestion familiale) ;
  • Des risques accrus de burn-out.

Du salarié fragilisé au risque RH : le glissement progressif

C’est le scénario que l’on observe le plus souvent sur le terrain : un ou une salariée qui tient plusieurs mois, voire années, jusqu’au moment où ça décroche… arrêts de travail, problèmes financiers, retards récurrents…

Élodie Gimbert, assistante sociale

Ce qui nous frappe dans notre pratique, c’est la résistance de ces salariés. Ils tiennent souvent bien plus longtemps qu’ils ne le devraient. Mais quand ça lâche, ça lâche d’un coup.

Élodie Gimbert

Assistante sociale du travail · Service Social Conseil

30 % des aidants actifs estiment que leur situation d’aidant les met en difficulté au niveau professionnel et le coût de l’inaction est directement palpable dans la gestion RH : 

  • Absentéisme répété puis arrêts longs (la gestion de l’absentéisme) ;
  • Présentéisme : le salarié est là physiquement, mais pas vraiment…
  • Désinsertion professionnelle : maintien de l’emploi menacé, risque d’inaptitude ;
  • Turn-over subi : départ d’un collaborateur expérimenté qu’on aurait pu garder.

40 % des salariés aidants réduisent leur temps de travail

Selon l’OCIRP, 4 aidants sur 10 aménagent ou réduisent leur activité professionnelle pour faire face. Sans que l’employeur en soit toujours informé, sans que des solutions alternatives aient été envisagées ensemble.

C’est autant d’organisations fragilisées, de postes à couvrir, de charge redistribuée sur le reste de l’équipe, sans que personne n’ait fait remonter le problème ou orienter la personne concernée vers les bons interlocuteurs. 

Le but n’est pas d’accabler les personnes informées mais inactives sur le sujet, mais plutôt de les outiller et leur fournir les moyens d’agir au plus près des salariés aidants. 

Ce que l’employeur peut mettre en place

Soutenir un salarié aidant ne demande pas de bousculer toute l’organisation interne mais demande une observation de terrain et un espace de dialogue avant de définir les bons outils.

Repérer : le premier obstacle, c’est le silence

La plupart des salariés aidants ne se désignent pas comme tels. Ils pensent simplement « s’occuper de leur mère » ou « aider leur fils ». 

Plus de 60% font le choix de ne rien dire pour cette raison mais aussi par crainte d’être perçus comme moins disponibles, moins fiables, moins performants au travail. C’est pourquoi le repérage ne peut pas reposer uniquement sur la bonne volonté du salarié. Il faut créer les conditions pour que la parole soit possible.

Former les managers : outillez-les !

Dans la majorité des cas, après les collègues, ce sont les managers qui voient ces signaux en premier. Avant les RH, avant le service de santé au travail, avant tout le monde.

Sauf que l’action auprès de la personne concernée dépend de l’aisance et de la formation du manager pour intervenir : quoi dire, quoi proposer, vers où et qui orienter ? L’éventuelle méconnaissance du statut des aidants et de leur réalité de vie peut mener soit au silence, soit à la maladresse qui peut aggraver la situation.

La sensibilisation et l’ouverture du dialogue sur la thématique des aidants sont donc des leviers concrets, immédiats et surtout indispensables !

On le sait “Manager, c’est tout un travail” et c’est aussi le thème retenu par l’ANACT pour la semaine QVCT 2026 : les managers ont aussi besoin d’accompagnement dans leur propre santé au travail et leur rôle auprès des salariés. 

Agir sur l’organisation : souplesse et dispositifs

Une fois la situation identifiée, l’enjeu est de ne pas laisser le salarié se débrouiller seul.

Peu de dispositifs existent, mais plusieurs leviers organisationnels en entreprise sont possibles : 

  • Aménagement des horaires / télétravail ;
  • Temps partiel thérapeutique ;
  • Prise de congés facilités ;
  • Don de jours de repos. 

Ces appuis internes peuvent agir en complément des aides légales et montrer au collectif une culture d’entreprise ouverte sur le sujet.

Malheureusement, ces outils restent complexes et ne suffisent pas toujours. C’est là qu’un prestataire spécialisé fait la différence.

Le Service Social du Travail : un levier concret pour les RH

Le Service social du travail n’est pas un dispositif de plus à gérer. C’est un service spécialisé qui prend en charge ce que ni le manager ni le service RH ne peuvent assurer seuls et qui soulage concrètement l’organisation. Il est même obligatoire pour les entreprises de plus de 250 salariés !

Notre intervention auprès du salarié aidant

Quand un salarié / agent aidant est reçu par l’une de nos assistantes sociales du travail, il accède à :

  • Un espace confidentiel et neutre pour exprimer sa situation sans crainte 
  • Une aide à l’accès aux droits : dispositifs internes, aides légales
  • Une orientation vers les réseaux locaux d’aide aux aidants souvent méconnus
  • Un accompagnement préventif pour éviter le basculement vers l’arrêt long ou la désinsertion professionnelle
  • Une recherche de solutions de répit pour veiller à l’équilibre vie pro-vie perso.

Avec 30 ans d’expérience sur les territoires PACA et Occitanie, nos assistantes sociales connaissent les partenaires locaux, les dispositifs accessibles rapidement, et les bons interlocuteurs. Ce maillage territorial, c’est un atout considérable.

Lucie Pradier, assistante sociale du travail - Service Social Conseil

« Les aidants salariés ont avant tout besoin de se sentir moins seuls, d’être eux-mêmes épaulés dans ce quotidien chargé. En entretien, nous nous appuyons sur notre guide aidants pour leur permettre de mieux connaître leurs droits, savoir comment les obtenir et qui solliciter dans leur entreprise. Ce document les sécurise, libère la parole et redonne l’énergie d’agir au quotidien. »

Lucie Pradier

Assistante sociale du travail · Service Social Conseil

Ce que ça change pour votre service RH

Confier ce sujet à nos équipes expertes, c’est sortir de la gestion de crise pour entrer dans une démarche de prévention.

Concrètement, pour les équipes RH, cela signifie :

  • Moins de situations qui s’enlisent sans interlocuteur identifié ;
  • Un appui technique sur les cas complexes sans mobiliser du temps RH ;
  • Une contribution directe à la prévention de l’absentéisme et au maintien dans l’emploi ;
  • Un signal fort envoyé aux collaborateurs : leur situation est prise au sérieux.
Elodie Gimbert, assistante sociale du travail - Service Social Conseil

« Je suis intégrée dans une cellule de veille sociale pour une meilleure orientation interne et je suis également en lien direct avec les services paie et RH pour agir au plus tôt. Par exemple, suite aux alertes régulières du service RH, j’adresse un courrier à tous les salariés absents depuis plus de 21 jours pour me mettre à leur disposition. C’est une main tendue précieuse dans ce type de situation : cela évite le non-recours et maintient le lien avec l’employeur. »

Elodie Gimbert

Assistante sociale du travail · Service Social Conseil

Tenues au secret professionnel, le service social du travail est le seul interlocuteur interne à pouvoir agir à la fois sur la sphère personnelle et professionnelle sans confondre les deux espaces. C’est donc un interlocuteur de choix pour gérer les situations délicates.

Actions collectives : réunir les salariés aidants

Au-delà des accompagnements individuels, le Service Social du Travail peut aussi intervenir de façon collective : sensibilisation des managers, café aidants pour les équipes, guides pratiques. Ces actions sont généralement très appréciées des équipes et installent une culture d’entreprise attentive à ces sujets.

Pour en savoir plus sur nos actions collectives, consultez notre page dédiée.

Pour une démarche plus globale : Qualisocial

Service Social Conseil fait désormais partie du groupe Qualisocial. Depuis plus de 18 ans, le groupe est pionnier français de la QVCT et de la santé mentale au travail. Une solution complémentaire si vous souhaitez couvrir l’ensemble des risques psychosociaux auxquels les salariés aidants sont particulièrement exposés.


Le salarié aidant est souvent invisible au sein de votre structure. Pourtant, 1 sur 5 vit cette réalité aujourd’hui, et ce chiffre va continuer d’augmenter. Concrètement, votre rôle se résume à quatre actions qui feront toute la différence : 

  • Repérer : créer les conditions pour que ces situations émergent, sans attendre la crise
  • Former : préparer les managers à détecter et à orienter, pas à gérer seuls
  • Agir : mobiliser vos leviers organisationnels, légaux, et humains
  • S’allier aux experts : Service Social Conseil et Qualisocial pour une prise en charge complète

Vous souhaitez mettre en place un accompagnement pour vos salariés aidants ? Contactez notre équipe.

FAQ – Salariés aidants

▼ Le salarié aidant est-il obligé d’en informer son employeur ?
Non, aucune obligation légale. Mais en parler permet d’accéder aux dispositifs existants. C’est à l’employeur de créer les conditions pour que ce dialogue soit possible sans risque perçu.
▼ Comment repérer un salarié aidant sans qu’il en parle ?
En formant les managers aux signaux faibles : absentéisme irrégulier, baisse de performance inexpliquée, demandes d’aménagements inhabituelles. C’est leur combinaison dans la durée qui doit alerter.
▼ Qu’est-ce que le congé de proche aidant ?
Un dispositif légal permettant de suspendre son contrat pour accompagner un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap grave. Il est partiellement indemnisé via l’allocation journalière du proche aidant (AJPA).
▼ Le Service Social du Travail est-il accessible à toutes les entreprises ?
L’obligation légale s’applique aux entreprises de 250 salariés et plus. En dessous, un prestataire externe comme Service Social Conseil permet d’y accéder de façon flexible, sous forme de permanences ou d’interventions ponctuelles.
▼ Un collègue peut-il donner des jours de congé à un salarié aidant ?
Oui. La loi permet le don de jours de repos à un collègue aidant, de façon anonyme et volontaire, avec l’accord de l’employeur.

Aller plus loin

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