
Un arrêt de travail, un enjeu pour toute l’entreprise
Un arrêt de travail, pour votre entreprise ce n’est pas anodin ! En France, le taux d’absentéisme atteint 4,8 % en 2025, en hausse de 50 % depuis 2019, porté notamment par la progression des arrêts longs comme l’indique le Datascope AXA France 2026. Un phénomène qui touche donc de plus en plus d’entreprises dans tous les secteurs, et dont l’impact dépasse largement le simple jour d’absence.
Les arrêts longs ont plusieurs conséquences sur :
- Votre entreprise : désorganisation de l’activité, stress, coûts financiers… ;
- Votre salarié/agent (et son entourage) : désinsertion professionnelle, risque de repli sur soi et difficultés personnelles ;
- Vos équipes : report de la charge de travail, …
Un accompagnement insuffisant, une double peine pour l’entreprise et le salarié
Que ce soit pendant ou après l’arrêt de travail, force est de constater qu’une absence de planification, d’anticipation et d’accompagnement nuit fortement à une reprise de travail dans de bonnes conditions. De ce fait, c’est double peine pour toutes les parties prenantes :
- Risque d’échec de la reprise et donc de rechute en arrêt de travail et de désinsertion professionnelle ;
- Difficultés et tensions autour des plannings ;
- Démarches administratives / RH faites en urgence ;
- Pas de prise en compte des conditions d’accueil et des besoins du salariés (aménagement de poste éventuel, reprise de contact avec les interlocuteurs internes…) ;
- Bousculement du collectif et impact négatif sur le climat social.
Ce constat se vérifie sur le terrain : 44 % des salariés absents de longue durée estiment qu’aucune action n’a été mise en place par leur entreprise à leur retour. Comment agir ?
Le maintien du lien, étape clé de la reprise et du maintien en emploi
Contrairement aux idées reçues, le maintien du lien pendant l’arrêt est donc une étape fondamentale dans la préparation d’une reprise du travail réussie, que ce soit pour votre salarié que pour votre entreprise et vos équipes. Ce sujet concerne d’ailleurs une part croissante des salariés : selon le Datascope 2026 d’AXA France, les arrêts de plus de deux mois représentent aujourd’hui plus des deux tiers de l’absentéisme total en France.
6 étapes pour accompagner la reprise au travail
C’est dans le cadre d’une politique globale de prévention et de maîtrise des absences que ces actions peuvent se déployer et être portées par tous les acteurs de l’entreprise, de la santé au travail et du maintien en emploi, internes ou externes. Ces actions demandent une réflexion en amont et la création de process qui nécessitent de connaître chaque étape avant-pendant-après l’arrêt de travail, notamment quand il est de longue durée.
Forts de notre expérience dans le maintien dans l’emploi et le soutien apporté aux services RH dans les reprises de travail après longue absence, nous vous présentons les 6 étapes pour accompagner au mieux vos salariés/agents sur ce sujet (guide pratique entier à retrouver en bas de page) :

Étape 1 : préparer le maintien du contact
Dès qu’un salarié s’absente, l’entreprise doit avoir défini en amont sa communication et ses process internes pour tout salarié absent, quelle que soit la durée de l’arrêt.
Un conseil simple à mettre en place : désigner un référent unique (RH ou manager de proximité) chargé du lien avec le salarié, plutôt que plusieurs interlocuteurs qui se sollicitent séparément. Cela évite les messages contradictoires et rassure le salarié sur qui s’adresser en cas de besoin.
Étape 2 : maintenir le lien et anticiper le retour
Cette étape passe par des points réguliers avec le salarié, et peut s’appuyer sur la visite de pré-reprise. Non obligatoire, elle peut être sollicitée à tout moment pendant l’arrêt par le salarié, le médecin traitant, le médecin conseil de la Sécurité sociale ou le médecin du travail, pour commencer à anticiper les conditions de la reprise (préconisations médicales, aménagements de postes, reclassement).
Un bon repère à avoir en tant qu’employeur ou manager : privilégier des contacts espacés et à l’initiative du salarié plutôt que des sollicitations répétées et non consenties, pour ne pas générer de pression supplémentaire.
Étape 3 : préparer l’entretien de reprise
À ce stade, il s’agit de préparer les conditions de réintégration du salarié dans l’entreprise et le collectif, notamment via le rendez-vous de liaison. Créé par la Loi Santé au Travail d’août 2021, ce dispositif s’adresse aux salariés absents depuis au moins 30 jours : l’employeur a l’obligation d’en informer le salarié, qui reste libre de l’accepter ou de le refuser.
Sur le terrain, nos assistants sociaux du travail constatent qu’un rendez-vous bien préparé, avec une trame d’échange claire (sujets abordés, personnes présentes, objectifs), désamorce en grande partie le sentiment d’appréhension que peuvent ressentir les salariés avant ce moment.
Étape 4 : l’entretien de retour au travail
Cet entretien couvre les informations à transmettre, la remobilisation du salarié et le recueil de ses besoins. Il s’articule avec la visite de reprise, organisée par l’employeur dans les huit jours calendaires suivant le retour effectif, obligatoire après un arrêt d’au moins 30 jours pour accident du travail ou 60 jours pour maladie ou accident non professionnel.
Pour favoriser la transmission d’informations, soyez créatifs : de nombreux supports utiles peuvent être créés et personnalisés à votre entreprise afin que les collaborateurs puissent s’appuyer dessus en autonomie pour se réintégrer en douceur. Ce moment d’échange n’est pas qu’administratif et organisationnel, ce doit être aussi un espace dédié pour écouter le ressenti du salarié sur son retour, ses attentes et ses besoins.
Étape 5 : construire un plan d’action
Cette étape consiste à définir les aménagements, objectifs et formations nécessaires à une reprise durable.
Elle se construit rarement seul : le médecin du travail évalue les capacités et propose d’éventuelles restrictions, l’assistant social du travail fait le lien entre les besoins du salarié et les contraintes de l’entreprise, le manager ajuste la charge et l’organisation au quotidien, et les RH sécurisent le cadre (contrat, poste, formation). Selon la situation, d’autres partenaires peuvent intervenir : Cap emploi ou l’Agefiph pour les questions de handicap dans le privé, le FIPHFP pour la fonction publique, ou la Carsat pour certains dispositifs.
Étape 6 : assurer le suivi de la reprise
Le suivi se fait en lien avec le médecin du travail, pour ajuster le plan d’action si besoin et sécuriser la reprise dans la durée.
L’expérience de terrain montre qu’un point de suivi à un mois, puis à trois et six mois, permet de repérer tôt les signes de fatigue ou de difficulté, avant qu’ils ne mènent à une rechute ou un nouvel arrêt.
La santé mentale, première cause des arrêts longs
Toujours selon le Datascope 2026 d’AXA France, les troubles psychologiques représentent aujourd’hui 38,1 % des arrêts de travail de longue durée, une part en hausse de près de 8% sur un an, la plus forte progression observée depuis quatre ans. Chez les moins de 30 ans, plus d’un arrêt long sur deux est désormais lié à des troubles psychologiques : c’est une première ! Les 30-35 ans ne sont pas en reste : ils constituent la tranche d’âge la plus touchée en valeur absolue, avec 54 % de leurs arrêts longs liés à ces troubles.
Ces chiffres illustrent bien que ce phénomène concernent malheureusement toutes les générations peu importe le secteur professionnel. Un accompagnement centré uniquement sur les aspects administratifs ne suffit donc plus : c’est aussi la dimension psychologique et sociale de la reprise qui doit être prise en compte.
Le rôle de l’assistant social du travail dans le maintien en emploi
Notre équipe d’assistants sociaux du travail agit au quotidien dans le maintien dans l’emploi depuis plus de 30 ans. En complémentarité des expertises RH et des actions de la direction, nous sommes les seuls à agir à l’interface de la vie professionnelle et personnelle. Soumis au secret professionnel par profession, garantissant un espace de parole neutre et tiers, nous permettons :
- Un maintien du lien et la prévention de l’isolement du salarié par des entretiens réguliers à sa demande (présentiel, téléphone ou en visite à domicile) ;
- L’accès aux droits et un accompagnement dans d’éventuelles difficultés liées à son état de santé, à son budget ou autres problématiques sociales ;
- La transmission régulière d’informations sur la situation du salarié (avec son accord), permettant à la structure d’organiser le retour et/ou d’éviter tout blocage administratif facilitant le suivi RH ;
- L’accès à notre réseau de partenaires et une collaboration facilitée avec le Service de Prévention et de Santé au Travail et les autres acteurs du maintien en emploi (Agefiph, FIPHFP, Cap Emploi, Carsat…).
Les 6 étapes présentées plus haut sont détaillées dans un guide pratique à destination des employeurs, avec les outils et informations associées à chaque étape. Pour l’obtenir, contactez-nous : communication@service-social-conseil.com.
Pour aller plus loin
Service Social Conseil, expert du service social du travail depuis 1994, a rejoint en 2026 le groupe Qualisocial, leader de la santé mentale au travail en France depuis plus de 17 ans. Cette complémentarité permet de couvrir à la fois l’accompagnement social et la prévention des risques psychosociaux, pour une prise en charge plus complète du salarié en arrêt, de son maintien du lien jusqu’à sa reprise.




